Steuf Hiérodoule de Mercure

 Age : 18 Inscrit le : 13 Nov 2004 Messages : 7669 Localisation : Près de Chaumont (52)
 | Sujet: La corruption à Athènes Sam 12 Aoû 2006 - 13:24 | |
| Le sujet tient en peu de mots, juste une citation d'Eubule, un poète comique du IVème av. JC, qui nous fait la satire de la société athénienne de son époque:
« [...] En effet, en ce même lieu [l'agora d'Athènes], tout se vend à la fois, figues, raisin, pommes, témoins, roses, pois chiches, procès, baies de myrte, tirages au sort, agneaux, clepsydres, lois et accusations. »
Qu'en penser !  _________________ Si vis copyrightem, para bellum. |
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Anudar Périèque de Messine

 Age : 28 Inscrit le : 01 Aoû 2006 Messages : 45 Localisation : Lyon
 | Sujet: Re: La corruption à Athènes Sam 12 Aoû 2006 - 16:20 | |
| Je ne connais pas ce poète, mais je suppose qu'il est lui-même athénien... Je rapprocherais alors cette citation de celles que l'on peut trouver dans certaines pièces d'Aristophane (par exemple, dans les Acharniens, où l'acteur jouant le rôle de l'auteur s'achète une paix à titre privé avec Sparte...). Il est vrai que la démocratie athénienne présentait des ressorts archaïques (la corruption étant plutôt la marque des régimes oligarchiques). Peut-être ne faut-il alors voir dans cette phrase volontairement provoquante qu'un constat désabusé de la part d'un citoyen profondément attaché à sa Cité, qu'il souhaite débarrasser sans douleur de ses défauts, et par le rire ? _________________
 Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
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Steuf Hiérodoule de Mercure

 Age : 18 Inscrit le : 13 Nov 2004 Messages : 7669 Localisation : Près de Chaumont (52)
 | Sujet: Re: La corruption à Athènes Sam 12 Aoû 2006 - 17:46 | |
| Peut-être, oui, d'ailleurs c'est exactement ce que Molière répétait à ses détracteurs (il a eu beaucoup de soucis avec certaines de ses pièces, vous le savez, surtout quand il attaquait une grande partie de la société - en même temps c'était pas de sa faute si la société de son époque avait autant de vices à critiquer ).
Voici par exemple comment il se défend dans son premier placet au Roi, après la première interdiction de son Tartuffe (là c'est pas la corruption qu'il critique mais) :
| Citation: | Sire, Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, j'ai cru que, dans l'emploi ou je me trouve, je n'avais rien de mieux à faire que d'attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle; et, comme l'hypocrisie, sans doute, en est un des plus en usage, des plus incommodes et des plus dangereux, j'avais eu, Sire, la pensée que je ne rendrais pas un petit service à tous les honnêtes gens de votre royaume, si je faisais une comédie qui décriât les hypocrites, et mît en vue, comme il faut, toutes les grimaces étudiées de ces gens de bien à outrance, toutes les friponneries couvertes de ces faux-monnayeurs en dévotion, qui veulent attraper les hommes avec un zèle contrefait et une charité sophistique. [...] |
Mais là je sens qu'on va dévier sur le rôle de l'humour et des écrivains en tant que fers de lance de leur société (tiens, à discuter, ça).
Revenons donc à notre Athènes, ou plutôt à nos Athènes puisqu'il y a un "s" dû au fait qu'en grec le mot pluriel Athênai désignait l'ensemble des dèmes formant la métropole... Bref. Nos Athènes, donc. Doit-on déduire des lignes satiriques d'Eubule que la corruption dans la démocratie athénienne se portait aussi bien que ça ?! Doit-on s'en étonner (puisque tu dis si bien, Anudar, que la corruption est plutôt propre aux régimes oligarchiques d'habitude) ?
J'ai l'impression qu'on est encore bien partis pour dévier sur la question de l'originalité de la démocratie athénienne, qui tient plus d'une oligarchie que d'une réelle démocratie. 1/10 de citoyens, c'est quand même peu (= oligon en grec, d'où "oligarchie" !)... _________________ Si vis copyrightem, para bellum. |
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