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Relation entre Puniques et Macédoniens

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nidor
Pirate de Cnide


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MessageSujet: Relation entre Puniques et Macédoniens   Jeu 30 Aoû 2007 - 9:42

J'ai trouvé ce traité, rapporté par Polybe, entre Philippe V et Hannibal.

"En présence de Jupiter, de Junon et d'Apollon; en présence de la déesse des Carthaginois, d'Hercule et d'Iolaüs; en présence de Mars, de Triton et de Neptune; en présence de tous les dieux protecteurs de notre expédition, du soleil, de la lune et de la terre; en présence des fleuves, des prés et des eaux ; en présence de tous les dieux que Carthage reconnaît pour ses maîtres; en présence de tous les dieux qui sont honorés dans la Macédoine et dans tout le reste de la Grèce; en présence de tous les dieux qui président à la guerre et qui sont présents à ce traité, Hannibal, général, et, avec lui, tous les sénateurs de Carthage et tous ses soldats, ont dit : « Afin que désormais nous vivions ensemble comme amis et comme frères, soit fait, sous votre bon plaisir et le nôtre, ce traité de paix et d'alliance, à condition que le roi Philippe, les Macédoniens, et tout ce qu'ils ont d'alliés parmi les autres Grecs, conserveront et défendront les Carthaginois, Hannibal leur général, les soldats qu'il commande, les gouverneurs des provinces dépendantes de Carthage, Utique, et toutes les villes et nations qui lui sont soumises, les soldats , les alliés et toutes les villes et nations qui nous sont unies dans l'Italie, la Gaule, la Ligurie, et quiconque, dans cette province, fera alliance avec nous. D'un autre côté, les troupes de Carthage, Utique, toutes les villes qui sont soumises à Carthage, les alliés, les soldats, toutes les villes et nations d'Italie, de la Gaule et de la Ligurie, et les autres alliés que nous avons et que nous pourrons avoir dans ces provinces d'Italie, s'engagent à conserver et à défendre le roi Philippe, les Macédoniens et tous leurs alliés d'entre les autres Grecs. Il est donc convenu que nous ne chercherons point à nous surprendre les uns les autres, et que nous ne nous tendrons pas de pièges ; que, sans délai, sans fraude ni embûches, nous, Macédoniens, etc., nous nous déclarerons les ennemis des ennemis des Carthaginois, excepté des rois, des villes et des ports avec lesquels nous sommes liés par des traités de paix et d'alliance; que nous, Carthaginois, etc, nous serons ennemis de ceux qui feront la guerre au roi Philippe, excepté des rois, des villes et les nations qui nous seront unis par les traités; que vous participerez, vous, Macédoniens, à la guerre que nous faisons contre les Romains; jusqu'à ce qu'il plaise aux dieux de donner à nos urnes un heureux succès; que vous nous fournirez ce qui nous sera nécessaire, et que vous serez fidèles à ce dont nous serons convenus. Si les dieux nous refusent leur protection contre les Romains et leurs alliés, et que nous traitions de paix avec eux, nous stipulerons de telle sorte que vous soyez compris dans le traité, et à des conditions telles qu'il ne leur sera pas permis de vous déclarer la guerre, qu'ils ne seront maîtres ni des Corcyréens, ni des Apolloniates, ni des Épidamniens, ni de Phare, ni de Dimalle, ni des Parthins, ni de l'Atintanie; et qu'ils rendront à Démétrius de Pharos ses parents, qu'ils retiennent dans leurs états. Si les Romains vous déclarent la guerre ou à nous, selon le besoin, nous nous secourrons les uns les autres, et nous ferons la même chose si quelque autre nous fait la guerre, excepté à l'égard des rois, des villes et des nations dont nous serons amis et alliés. Si nous jugeons à propos de retrancher ou d'ajouter quelque clause à ce traité, nous ne le ferons que du consentement des deux parties. "



Si vous pouviez m'informer sur les relations entre ces deux peuples avant la seconde guerre, ce serait sympa. Je crois qu'ils étaient plutôt ennemis non ?

Notez, il est sympa ce traité, on y apprend notament le panthéon barcide.


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nidor
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Ven 31 Aoû 2007 - 18:21

Les gaulois me feraient de l'ombre Mr. Green ?
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nidor
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Lun 3 Sep 2007 - 11:27

Ou alors c'est mort Question
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nidor
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Sam 15 Sep 2007 - 12:17

Basketball
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nidor
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Jeu 1 Nov 2007 - 19:17

bigsmurf
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nidor
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Mer 30 Jan 2008 - 19:24

Allez, s'il vous plait Mr.Red
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HemilcoBarca
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Dim 17 Fév 2008 - 15:06

Sur les rapports qu’entretenaient Carthage et la Macédoine avant les guerres puniques, on a eu deux phases;
Celle avant l'avènement d'Alexandre III au pouvoir : marquée par quelques échanges commerciaux (peu sinon inexistants)... et qui vont progresser légèrement durant le règne de Philippe II...

Les premières germes de discorde vont apparaître lors de confrontations des macédoniens avec les thébains (qui sont alliés à Carthage ; et qui avaient même un amiral carthaginois à la tête de leur flotte de guerre, durant les 7 glorieuses suivant Leuctres).

Celle durant le règne d'Alexandre, après la ruine de Thèbes, la symmarchie carthaginoise s'est tournée vers Athènes et favorisera ses échanges avec le port du piré, mais l'éclatement et la scène finale de la pièce sera jouée en Phénicie lors du siége de Tyr et lorsqu' Alexandre s'adressant aux carthaginois se trouvant, à ce moment là, dans la ville leur déclare que tôt ou tard ses soldats viendront prendre Carthage, et que la guerre n'est retardée que par les devoirs qui le réclament à l'orient...

Et le demi dieux n'oubliera pas ses paroles, dés que ses chemins à l'est atteignent leur limites, il retourne au centre de son empire et commence les préparatifs de l'invasion de la mediterannée occidentale, mais déjà depuis longtemps le dieux de profondeurs attendait sa venue, le 13 juin -323, le jeune roi abandonne la vie à quelques mois du début de sa compagne contre Carthage...

La suite de événements font que tout ce pourquoi Alexandre s'est battu restait à consolider, une consolidation qui nécessitait des bâtisseurs et non des diadoques, qui, poignard derrière le dos n'hésitèrent pas à se donne des coups...

Les relations extérieures de ces satrapies seront modifiées, Carthage n'est plus un ennemi désormais et dispose d'accords de commerce aussi bien en Egypte qu'en Syrie.
Les événements continuèrent à évoluer jusqu'au jour où on voit des macédoniens se battre au coté des carthaginois à Zama (en tant que mercenaires) et le plus grand general de son temps conseiller le puissant roi de Syrie...
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Germanicus
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Lun 18 Fév 2008 - 14:51

Très intéressant, je connaissais pas bien les relations entre les Carthaginois et les Macédoniens. Et dire qu'il aurait pu devenir les maitres d'un Empire à la place de Rome.....
Alexandre reste aussi pour moi un des plus grands personnages de l'antiquité par sa conception tellement visionnaire du Moyen Orient.
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Ven 22 Fév 2008 - 17:32

Enfin ! Un grand merci à toi Hemilco Very Happy
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Philadelphe
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Dim 24 Fév 2008 - 16:53

Hum, je ne suis pas trop d’accord avec le fait qu’Alexandre planifia déjà la conquête de Carthage.
Il y pensait sans doute, mais il faut savoir que dans la conception du pouvoir Perse (dont hérite Alexandre), il est de facto maître de Carthage du moment où il possède la métropole de la ville punique ; Tyr.
Les Grands Rois entretenait déjà des relations avec Carthage, dont il se considérer bien sûr les suzerains (à cause de Tyr principalement). Donc, Alexandre, héritant de Darius, hérite de Tyr, hérite donc de Carthage.

Il n’empêche qu’Alexandre traîna dans son expédition un drôle de bagage ; un espion carthaginois !
Après, si on en tire la conclusion qu’Alexandre projetait déjà de conquérir manu militari Carthage, c’est un peu fort (il me semblait même que l’on a accusé les carthaginois d’avoir empoisonner le fils de Zeus-Ammon… et cela avec la complicité de la sœur d’Aristote, par un poison concocté par l’empereur de Chine de lui-même, non là on tombe dans le roman).
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Dim 24 Fév 2008 - 17:17

Tu ne penses pas que Carthage s'était déjà émancipée de Tyr à cette époque ? Je crois qu'elle le fut officiellement en après que Nabuchodonosor II l’ai assiégé. Tyr aurait alors donné "carte blanche" à Carthage pour prendre le relais en méditerrannée, ce qui officialiserait à mon sens l’indépendance de Carthage.
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Dim 24 Fév 2008 - 18:14

Evidemment, Carthage était indépendante du point de vue politique, même avant le déclin de Tyr. Mais la métropole reste la métropole, et Tyr reste un centre religieux pour Carthage. Et quoi qu’on en dise sur la politique et l’économique, le religieux reste toujours une attache plus sûre, plus forte et plus profonde.
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nidor
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Dim 24 Fév 2008 - 21:39

J'avoue, c'est peut-être la seule attache qu'avaient les colonies avec leurs métropoles, ou en tout cas la plus importante.
Mais, ce n'est que "formalités". Carthage, à cette époque, ne se serait jamais rangée aux côtés d'Alexandre sans en ressentir la mencace toute proche, ne crois tu pas ?
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Mer 27 Fév 2008 - 22:25

On ne sait jamais si Carthage se serait rangé au coté d’Alexandre s’il avait continué à vivre. Après tout, Carthage (l’aristocratie marchande s’entend bien) n’est pas très guerrière et préfère augmenter ses liaisons commerciales. Alexandre, dans la conception du pouvoir achéménide, se serait très bien contenté d’une alliance et d’une reconnaissance de la suzeraineté du nouveau Grand Roi (tout dépendait des appétits de conquête d’Alexandre, chose que l’on ne saura réellement jamais).

Le seul indice que l’on pourrait avoir sont les sources ; Arrien (VII, 1) et Quinte-Curce (X, 1) parle toujours de la planification de la conquête de Carthage, mais pour finir par la conquête de l’Italie, parce que les romains commençait à se faire universellement un nom.
Bref, pour moi, ça ne veut dire qu’une chose ; ces deux auteurs, bien postérieurs et vivant la Rome triomphante sur l’ensemble du monde méditerranéen ne souhaitent en réalité que montrer ce à quoi Rome a échappé, ou mieux encore, la défaite qu’Alexandre lui-même aurait évité !
Après tout, Alexandre Molosse dit bien qu’il va combattre chez les romains une nation d’hommes ce que son cousin (ou neveu, je ne sais plus) Alexandre le macédonien va combattre chez les perses une nation de femmes.

Bref, Alexandre qui va conquérir Carthage, c’est de la science-fiction, un phantasme bâti sur des on-dit.

Par contre, ce passage d’Arrien dans l’Anabase relate un fait réel car vécu, c’est ce qui c’est passé après la prise de Tyr (II, 7).

Citation:
« Le roi Azelmicus, les principaux des Tyriens et quelques Carthaginois qui, après avoir consulté l'oracle, venaient sacrifier à Hercule, dans la Métropole, selon l'ancien rite, s'étaient réfugiés dans son temple ; Alexandre leur fit grâce : le reste fut vendu comme esclave, au nombre de trente mille, tant Tyriens qu'étrangers.
Alexandre sacrifie à Hercule ; la pompe fut conduite par les troupes sous les armes ; les vaisseaux mêmes y prirent part. On célébra des jeux gymniques dans le temple, à l'éclat de mille flambeaux »


On y apprend donc outre le fait que l’aristocratie et la famille royale de Tyr s’en sort plutôt pas mal (c’est déjà un indice de la gouvernance de type achéménide), que des carthaginois se trouvaient à Tyr pour des célébrations d’un « ancien rite » à Hercule.
Hercule, bien sûr c’est le Milqart phénicien et montre toujours l’inféodation de Carthage par rapport à sa métropole (du point de vue religieux bien entendu, mais cela sous-entend tout de même des liens commerciaux aussi).
Et quand Alexandre sacrifie à Hercule, les grecs y voient Hercule, mais les phéniciens doivent voir Milqart (car après tout, il ne doit pas exister de temple à l’Hercule, bien grec, à Tyr). Alexandre est conscient qu’il envoi un geste ; il est maître de Tyr, le roi de Tyr, Azelmicus, est désormais un sous-fifre d’Alexandre, et il domine aussi de ce fait Carthage, les célébrations dans le temple de Milqart sont là pour ça.

Chez Quinte-Curce, le passage du siège de Tyr est plus détaillé (ce qui est tout de même suspect, surtout quand il parle des sacrifices d’enfants à Saturne). On ne peut retenir que Carthage voulait envoyer de l’aide à la métropole assiégée, mais elle n’envoya qu’une trentaine d’ambassadeurs car ils avaient déjà fort à faire avec « des syracusains qui désolaient leur territoire ».
C’est là où c’est gênant ; Carthage n’envoie pas d’aide (le siège dure quand même sept mois) en 332 av. n. è. alors que Carthage ne subit rien !
Ce que décrit notre bon auteur latin, c’est le siège d’Agathocle, tyran de Syracuse, qui aura lieu vingt ans plus tard.

Donc, c’est évident, Carthage aime bien Tyr comme centre religieux et culturel, mais pour se mouiller dans la guerre : non merci !
Si elle envoie des députés en si grand nombre plutôt que des soldats (et là c’est le seul passage vraiment véridique dans Quinte-Curce sur cet épisode), ce n’est pas pour aider Tyr, c’est pour cirer les pompes à Alexandre, maître de Tyr, de l’Asie et de l’Europe.
Alors Alexandre n’a aucune raison de déclarer la guerre à Carthage.
On voit même que Carthage ne veut surtout pas se frotter à Alexandre.


Ensuite, toujours chez Arrien (VII, 5) :
Citation:
« Il retourne à Babylone et rencontre des députés de l'Afrique qui venaient féliciter le maître de l'Asie. Il vint des députations de l'Italie, des Bruttiens, des Lucaniens et des Etrusques, il en vint de Carthage, des Ethiopiens, des Scythes d'Europe, des Celtes, des Ibères. Les Macédoniens entendirent les noms de quelques uns pour la première fois. Tous venaient implorer leur alliance. On en vit qui les invoquaient comme arbitres dans les différends élevés entre eux. Ce fut alors, pour la première fois, qu'Alexandre se crut véritablement le monarque de l'univers. »


Là, c’est éloquent. Carthage n’avait vraiment rien à craindre tant qu’elle faisait acte d’allégeance (même une allégeance toute formelle, comme celle faite avec l’ancienne métropole, Tyr).


Dernière édition par Xshayathiya le Jeu 28 Fév 2008 - 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Mer 27 Fév 2008 - 22:31

Un grand merci, ce fut instructif. Je me range à ton avis, qui est bien exposé Smile
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HemilcoBarca
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Ven 29 Fév 2008 - 15:12

Xshayathiya a écrit:

Le seul indice que l’on pourrait avoir sont les sources ; Arrien (VII, 1) et Quinte-Curce (X, 1) parle toujours de la planification de la conquête de Carthage, mais pour finir par la conquête de l’Italie, parce que les romains commençait à se faire universellement un nom.
Bref, pour moi, ça ne veut dire qu’une chose ; ces deux auteurs, bien postérieurs et vivant la Rome triomphante sur l’ensemble du monde méditerranéen ne souhaitent en réalité que montrer ce à quoi Rome a échappé, ou mieux encore, la défaite qu’Alexandre lui-même aurait évité !
Après tout, Alexandre Molosse dit bien qu’il va combattre chez les romains une nation d’hommes ce que son cousin (ou neveu, je ne sais plus) Alexandre le macédonien va combattre chez les perses une nation de femmes.

Bref, Alexandre qui va conquérir Carthage, c’est de la science-fiction, un phantasme bâti sur des on-dit.



Les historiens ne s’accordent pas sur ses derniers desseins. Plusieurs auteurs anciens affirment qu'Alexandre caresse le projet de conquérir le bassin occidental de la Méditerranée (des auteurs de son temps ou du temps des diadoques).
Il est plausible en effet qu’il ait envisagé de se tourner vers la Méditerranée occidentale, en particulier vers Carthage.
Perdiccas l'affirme devant les troupes peu après le décès du roi. Ce qui est certain c’est qu’une expédition est envisagée pour le 20 du mois de Dæsios (5 juin -323) que les sources antiques orientent vers le sud de la Libye afin d’atteindre l’Occident.
S’agit-il, sinon de s’aventurer en Arabie, plus vraisemblablement d’assurer la prospérité et la durée de son empire par la maîtrise des mers environnantes ?
La question que se posent les historiens contemporains est donc de comprendre s'il y a deux projets distincts, la conquête de la Méditerranée orientale d'une part et le contrôle des côtes de l'Arabie et de la mer Rouge d'autre part, ou s'il ne s'agissait que d'un seul et même projet à savoir relier Alexandrie du Tigre à Alexandrie en Égypte puis de là poursuivre vers Carthage et la Sicile.

Sinon je suis d'accord avec toi sur l'idée que se fesait Alexandre (en conquerant Tyr il a conquis Carthage)
Mais Carthage ne voyait pas les choses ainsi; elle acceptait la suzeraineté du Grand Roi, non pas parce qu'il est ainsi (sa puissance economique et militaire égalait celle de l'empire de Xerxes, aux dires de Diodore de Sicile) mais parcequ'elle voulait avoir accés aux marchés de l'orient...

Elle aura pu faire la paix avec Alexandre, même aprés la chute de Tyr, mais es ce que le grand roi; à l'appetit grandissant, aurai accepté de faire la paix...


Les puniques, comme tous les sémites, sont pieux, Carthage l'a exprimé lorsqu'elle consacre la Ville d'Utique; qui fut sa protectrice, comme ville de statut égal (bien que carthage avait une suprématie incontestable) et garda tous les avantages dont elle disposait avant (même les murailles ne furent pas démolies).

A mon avis, la question qui devrait etre posée est : Es ce que carthage est en mesure d'aider Tyr ? (es ce quelle pourrait vraiment envoyer une armée en phénecie, alors que la sicile est en proie à la guerre et que l'egypte est en revolte, et affiche des intentions favorables aux macédoniens...)
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HemilcoBarca
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Ven 29 Fév 2008 - 15:44

nidor a écrit:
Tu ne penses pas que Carthage s'était déjà émancipée de Tyr à cette époque ? Je crois qu'elle le fut officiellement en après que Nabuchodonosor II l’ai assiégé. Tyr aurait alors donné "carte blanche" à Carthage pour prendre le relais en méditerrannée, ce qui officialiserait à mon sens l’indépendance de Carthage.


Plusieurs désastres militaires en sicile, avaient pour cause, selon les pretres carthaginois, le non respect de la religions et le manquement envers les dieux (les familles se detournent du sacrifice de leur premier né aux dieux et le non envoi d'embassades au temple de Melqart à Tyr)

Malgré tout ça, les liens entre carthage et la phénicie restent solides (Herodote rapporte que le grand roi perse (Cambyse je crois) voulait conquerir carthage, alors les pheniciens, qui constituaient la majorité de sa flotte, se sont manifesté par leur refus de partiiper à cette compagne)

Suite à ces evenements, le grand roi décide de n'en rien faire et envoie des ambassadeurs-espions au pays des ethiopiens pour s'informer sur eux...


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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Ven 29 Fév 2008 - 22:52

Question intéressante, mais on peut aussi la tourner en : est-ce que Carthage avait envie d’aider Tyr.
Je pense, dans ce que confirme Quinte-Curce (dans son seul détail véritable) et Arrien, c’est l’envoi d’une trentaine d’ambassadeurs en lieu et place de soldats pour aider la vaillante Tyr qui endure le siège d’Alexandre.
Une trentaine de diplomates !
C’est comme si Bush, pour la guerre en Irak, au lieu d’envoyer ses GI’s aurait envoyer l’ONU en fanfare avec une bonne couche de politiques américains.
Il était évident que Carthage ne voulait pas de la guerre contre Alexandre, et que si les problèmes en Sicile étaient si graves, le Sénat de Carthage n’aurait jamais envoyé autant d’ambassadeurs.
Quant on en envoie autant, c’est évidement pour faire acte d’allégeance. Quand on est en crise, on se contente du minimum vital.


Je ne suis pas non plus d’accord quand tu dis que les Phéniciens, sous Cambyse, ne voulaient pas armer leur flotte contre Carthage, en citant Hérodote (et non pas Homère).
C’est un vieux topos anti-perse auquel les peuples, même barbares, refusent de se livrer à la tyrannie du Grand Roi, topos que l’on retrouve avec l’exemple de Thémistocle qui serait suicidé juste pour ne pas à déclarer la guerre contre les grecs.
D’ailleurs, à l’époque de Cambyse (et même de tout les Grands Rois), le recours à la flotte ne se fait pas systématiquement pour conquérir des territoires. Les armées sont avant tout terrestres (l’expansion de l’empire achéménide est d’ailleurs frappant, il n’avance tant qu’il n’y a pas de mer à franchir).
Seul la Grèce fait exception (et cela lors de la seconde guerre médique), mais toujours suivi de contingents terrestres qui forment le gros des troupes.

Mais le pire, c’est quand tu dis que les défaites militaires sont dû, d’après les prêtres carthaginois, au détournement « du sacrifice des premiers nés aux dieux ». Ca c’est de la science-fiction sorti d’un commentateur grec ou latin. Qu’on arrête avec ces histoires de sacrifices d’enfants à Moloch-Baal sorti de chez Flaubert (ça me fait penser qu’il faut que je parle du tophet).


PS : quand on tire un article de Wikipédia, ce serait bien de le dire.
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Sam 1 Mar 2008 - 16:41

Xshayathiya a écrit:
Question intéressante, mais on peut aussi la tourner en : est-ce que Carthage avait envie d’aider Tyr...
C’est comme si Bush, pour la guerre en Irak, au lieu d’envoyer ses GI’s aurait envoyer l’ONU en fanfare avec une bonne couche de politiques américains.
Il était évident que Carthage ne voulait pas de la guerre contre Alexandre, et que si les problèmes en Sicile étaient si graves, le Sénat de Carthage n’aurait jamais envoyé autant d’ambassadeurs.



L'histoire des pheniciens refusant d'avoir à livrer des combats contre carthage (c'est Hérodote evidemment; commment ai je pu me tromper, merci de me l'avoir corrigé) n'est pas de la science fiction mais de l'histoire antique (rapportée par le père de l'histoire).

Si les Etats Unis se battaient contre une puissance qui leur tient tete en Alaska ou au Texas, il reflechiraient plus de deux fois avant de soulever la question d'une expedition en Irak. (Carthage ne voulait pas; je suis d'accord, mais pourquoi ? tu suggere qu'elle .........., moi je pense qu'elle savait qu'elle ne pouvait rien faire face à une puissance qui a detruit deux grandes armées perses...
et j'oublie encore de signaler que la métropole africaine est en conflit avec les grecs de sicile, et elle est plutot en mauvaise posture. (aller en guerre contre Alexandre suggere une enorme flotte, des esales en territoires alliés et une alliance avec le grand roi; dont on ignore ou il est)

C'est comme si Hitler a du mal à resister à l'europe occidentale mais malgré tout il va se battre contre l'union sovietique...

Et conernant les ambassadeurs, je crois qu'ils etaient à Tyr avant qu'elle soit assiégée.



Xshayathiya a écrit:
Mais le pire, c’est quand tu dis que les défaites militaires sont dû, d’après les prêtres carthaginois, au détournement « du sacrifice des premiers nés aux dieux ».



Ce n'est pas moi qui le dit, je ne fait que rapporter les dires de Diodore de Sicile.


PS : Je ne pensais que tu as quelque chose contre Wikipedia...
Ne le prends pas mal, je ne fais que exposer mon point de vue... en me basant sur des documents antiques (qui representent un caratère serieux; et vide de tout objectif de propagande)
Donc, je ne te demande pas d'etre d'accord avec moi, mais juste un peu de respect vis à vis des avis differents sera une bonne chose.
Merci.
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MessageSujet: Re: Relation entre Puniques et Macédoniens   Sam 1 Mar 2008 - 17:40

Je tiens tout de suite à préciser quelque chose.
Je n’ai rien contre toi, ni contre Wikipédia. Je ne fais que dire qu’il serait bien que quand tu copie/colle un article de Wikipédia, c’est d’indiquer clairement que tu le fais et non pas de l’intégrer dans ton discours tel quel.

Ensuite, quand on cite les sources, il faut être prudent. Ce n’est pas parce qu’Hérodote dit quelque chose que cela est forcément vrai, ce n’est pas parce qu’on le gratifie du titre de « père de l’Histoire » qu’il est source de vérité.
D’ailleurs, dans l’Antiquité, même si son œuvre était connue et reconnue, elle était déjà fortement critiquée.
Une bonne citation de Strabon ; « « On peut mieux se fier à Hésiode, Homère et les poètes tragiques quand ils chantent les héros qu’à Ctésias, Hérodote, Hellanicos et autres auteurs de ce genre. »

Alors qui ment ? Strabon ou Hérodote ? Lequel est un crétois ?
Je ne sais pas quel âge tu as, mais le discours historique nécessite un peu de rigueur et d’être toujours suspicieux envers les sources, parfois même avec les historiens et exégètes modernes (même moi suis digne de suspicion).
Bref, si tu te diriges vers les études universitaires (et même si ce n’est pas le cas), il faut tout de même éviter de tirer ses raisonnements de Wikipédia (c’est comme chez Hérodote, beaucoup de vrai, mais aussi beaucoup de faux) et de diversifier ses points de vue.


Par exemple, quand tu cites Diodore de Sicile qui parle des sacrifices d’enfants à Carthage, là c’est déjà douteux, car le sacrifice d’enfants ce n’est qu’un topos au sujet des carthaginois qui ne comprenait pas très bien les tenants des rites religieux. Seuls les archéologues américains ont encore cette vision des sacrifices d’enfants sur le tophet à un dieu barbare, pas les archéologues français qui se sont débarrassés de ces visions caricaturales.
Je penses que seul le débat peut apporter des solutions.

Au fait, je viens de voir le passage que tu cites de Diodore (XX, 14) « Les puniques estimèrent que c’était leur négligence envers les dieux qui leur avait valu ce revers. Ils envoyèrent alors des présents au temple de Milqart à Tyr, et renouèrent avec l’usage de sacrifier les enfants des meilleures familles à Kronos ».
Le problème, c’est que le revers dont il parle, c’est celui de la défaite des armées carthaginoises face à Agathocle, sur le territoire africain (en 311 av. n. è.).


Je cite Quinte-Curce (IV, 2) :
« Des députés carthaginois étaient venus alors, selon la coutume de leur pays, célébrer un sacrifice annuel: Carthage, en effet, colonie de Tyr, a toujours porté à la mère patrie un respect filial. Ces députés exhortèrent les Tyriens à soutenir le siège avec courage: Carthage leur enverrait bientôt des secours; car, en ces temps, elle couvrait presque toute la mer de ses flottes. […] Au même temps arrivèrent trente députés de Carthage, apportant aux assiégés des consolations plutôt que des secours. Ils annonçaient que leur patrie avait chez elle les embarras de la guerre; réduite à combattre, non plus pour l'empire, mais pour sa propre existence. Les Syracusains désolaient alors l'Afrique, et ils avaient placé leur camp non loin des murs de Carthage. »

Quinte-Curce est une source plus précise sur les évènements, bien qu’il soit aussi sujet aux anecdotes douteuses. Comme je l’avais déjà dit, le siège que subit Carthage, c’est encore celui d’Agathocle, le tyran de Syracuse (des années après l’épopée d’Alexandre le Grand).
Or, on sait que tout ce qui touche à Alexandre, Quinte-Curce a eu lui-même des sources assez fiables. Or, il nous dit que trente députés arrives de Carthage.
Et pourquoi pas un peu de provisions ? Un surplus de la flotte ? Quelques armes ?
N’importe quoi plutôt que trente hommes qui ne savent user que de leurs langues ! Le pire est de penser qu’ils viennent après que le siège soit mis devant Tyr, pas très malin d’imposer à une ville assiégée une trentaine de bouche inutiles à nourrir.
Même si Carthage connaissait une guerre horrible (ces problèmes siciliens, même importants, ne pouvait mobiliser entièrement la flotte de Carthage, flotte essentielle pour le commerce, flotte qui aurait pu aisément être mise à profit pour l’aide à Tyr, quand on sait que la flotte macédonienne était bien plus réduite).
Il est donc évident que Carthage ne voulait pas aider Tyr, alors qu’elle avait les moyens de le faire.

D’ailleurs, pourquoi Carthage aiderait Tyr ? Sidon, bien plus intelligente, se soumit au nouveau Grand Roi et conserva son réseau commercial, son roi, sa liberté. Tyr se croyait sans doute plus forte, sûrement à cause de son alliance avec sa colonie. Tyr s’est trop vite avancé (sans doute à cause des ambassadeurs qui ont parlé trop vite « Attention Alexandre, avec Carthage, c’est le pire, et le pire, c’est la guerre !). Manque de bol, une guerre n’était pas dans l’ambition de Carthage (ce n’est d’ailleurs jamais dans ses ambitions à moins d’y être vraiment contrainte).
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Relation entre Puniques et Macédoniens

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