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 Alésia : Femmes et enfants

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oli
Nomade de la steppe


Masculin Nombre de messages : 4
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MessageSujet: Alésia : Femmes et enfants   Jeu 11 Sep 2008 - 3:34

Pendant le siège d'Alésia, Jule Césars a été certe un grand statège, ,ais l'un de ses actes me laisse perplexe :

Pourquois, barra t'il la route aux femmes et aux enfants gaulois fuillants la ville, les laissant mourir de faim ?

Était ce pour provoquer une attaque désorganisée de la part des guaulois ? Trouverai je une expliquation dans son autobiographie ( Guerre des gaules ) ?
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Alexandre
Le Grand (1,85 m.)
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Masculin Nombre de messages : 1709
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MessageSujet: Re: Alésia : Femmes et enfants   Jeu 11 Sep 2008 - 9:33

En lisant le livre VII du De Bello Gallico, on comprend aisément que les femmes et les enfants, durant un siège, sont des bouches trop inutiles pour être remplies. Alors Vercingétorix n'a eu d'autre idée que de refiler le problème à César en filant Bobone et les mioches.

C'était d'ailleurs tout bénéf pour César : des esclaves, gratuit, sans blessures (ni viol durant le siège héroïque), en encore assez bonne santé. Du gaulois de bonne qualité.
Mais voilà, si ça coûte des vivres à Vercingétorix, ça en coûte aussi à César, qui était en bien mauvaise posture de ce coté là (le chef gaulois avait pratiqué une assez cruelle politique de la terre brûlée). Et des esclaves comme ça, faut bien les nourrir au risque de voir leur valeur baissée.

Mais surtout, toujours dans le livre VII, durant le siège d’Avaricum, un évènement permet de voir que les courageuses gauloises sont très gênantes en fait :


VII, 26 a écrit:
(1) Après avoir tout tenté sans réussir en rien, les Gaulois, sur les instances et l'ordre de Vercingétorix, résolurent le lendemain d'évacuer la place. (2) Ils espéraient le faire dans le silence de nuit, sans éprouver de grandes pertes, parce que le camp de Vercingétorix n'était pas éloigné de la ville, et qu'un vaste marais, les séparant des Romains, retarderait ceux-ci dans leur poursuite. (3) Déjà, la nuit venue, ils se préparaient à partir, lorsque tout à coup les mères de famille sortirent de leurs maisons, et se jetèrent, tout éplorées, aux pieds de leurs époux et de leurs fils, les conjurant de ne point les livrer à la cruauté de l'ennemi elles et leurs enfants, que leur âge et leur faiblesse empêchaient de prendre la fuite. (4) Mais comme ils persistaient dans leur dessein, tant la crainte d'un péril extrême étouffe souvent la pitié, ces femmes se mirent à pousser des cris pour avertir les Romains de cette évasion. (5) Les Gaulois effrayés craignant que la cavalerie romaine ne s'emparât des passages, renoncèrent à leur projet.


Si ça ce n’était pas une bonne raison de les virer ? Vercingétorix avait déjà dans l’idée de les abandonner à Avaricum.
D’ailleurs, les femmes et enfants qui furent pris à Avaricum furent tous passés par le fil du glaive romain, César disant que c’est pour se venger de Genabum, mais plutôt parce qu’il manquait de vivre.

Les femmes donnèrent aussi une raison supplémentaire au siège de Gergovie :

VII, 47 a écrit:
(4) Un cri s'étant alors élevé de toutes les parties de l'enceinte, ceux qui étaient les plus éloignés, effrayés de cette confusion soudaine, croient les Romains dans la ville et se précipitent des murs. (5) Les mères jettent du haut des murailles des habits et de l'argent, et s'avançant, le sein découvert, les bras étendus, elles supplient les Romains de les épargner et de ne pas agir comme à Avaricum, où l'on n'avait fait grâce, ni aux femmes ni aux enfants. (6) Quelques-unes, s'aidant de main en main à descendre du rempart, se livrèrent aux soldats. (7) L. Fabius, centurion de la huitième légion, qui, ce jour même, avait dit dans les rangs, qu'excité par les récompenses d'Avaricum, il ne laisserait à personne le temps d'escalader le mur ayant lui, ayant pris trois de ses soldats, se fit soulever par eux et monta sur le mur. Il leur tendit la main à son tour, et les fit monter un à un.

Elles s’étaient déjà offertes aux romains. elles n’allaient pas continuer à le contrarier pour Alésia, siège déjà plus périlleux. Donc, ouste, dehors.


On en arrive alors au siège d’Alésia :

VII, 78 a écrit:
(1) Les avis ayant été recueillis, il fut arrêté que ceux qui, à raison de leur santé ou de leur âge, ne pouvaient rendre de service à la guerre, sortiraient de la place, et qu'on tenterait tout avant d'en venir au parti proposé par Critognatos. (2) On décida toutefois que, si l'on y était contraint et si les secours se faisaient trop attendre, on le suivrait plutôt que de se rendre ou de subir la loi des Romains. (3) Les Mandubiens, qui les avaient reçus dans leur ville, sont forcés d'en sortir avec leurs enfants et leurs femmes. (4) Ils s'approchent des retranchements des Romains, et, fondant en larmes, ils demandent, ils implorent l'esclavage et du pain. (5) Mais César plaça des gardes sur le rempart, et défendit qu'on les reçût.

Alors que penser de tout ça ? Déjà, les femmes et les enfants sont-ils seulement ceux des Mandubiens, peuplade visiblement trop paisible pour être comptés comme une force combattante efficace ? Et il n'y a pas seulement des femmes et des enfants innoncent, mais aussi des hommes : faut-il en conclure qu'il y'a même des hommes valides en état de combattre ? Donc toute une population ?

César a ainsi tout autant intérêt à ne pas assister les Mandubiens : déjà, ce n’est pas son problème (ce qui à le mérite d’être clair). Ensuite, les garder ne serait-ce qu’en otage coûte des vivres, et ni le camp des gaulois, ni celui des romains n’en ont assez.
Mais idéologiquement, en n’acceptant pas d’ouvrir les portes pour les Mandubiens, César se pare dans son inflexibilité et sa morgue toute romaine tandis qu’il fait passer Vercingétorix pour ce qu’il doit être (aux yeux d’un bon romain) : un barbare cruel.

Ce qui paraît aussi le plus choquant, c’est que Vercingétorix chasse les Mandubiens, alors que la ville d’Alésia est à eux. Mais le calcul est simple à faire : s’il faut chasser les femmes et les enfants (bouches inutiles, mais génênantes en plusieurs occasions comme vue plus haut), les guerriers mandubiens (car je doute qu’une cité gauloise telle qu’Alésia était dépourvue de combattants valeureux) eux risquent de rechigner.
Alors s’il faut virer les seuls femmes et enfants qui restent, autant se débarrasser des époux par la même occasion.

Donc, la majorité des gaulois n’avait que peu d’état d’âme à se défaire de leurs alliés. En les laissant mourir de faim, César n’espérait pas avec ça provoquer le ressentiment des gaulois, au mieux leur rappeler chaque jour la honte d’avoir eu à chasser leurs hôtes.
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oli
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MessageSujet: Re: Alésia : Femmes et enfants   Ven 12 Sep 2008 - 2:40

Merci beaucoup pour cette réponse fort complète .
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MessageSujet: Re: Alésia : Femmes et enfants   

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