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 Propagande d'Auguste?

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Erysichthon
Nomade de la steppe
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MessageSujet: Propagande d'Auguste?   Jeu 12 Nov 2009 - 23:49

Ave Antiquophiles !


J'ai dernièrement eu une réflexion sur le comment de la propagande d'Auguste. J'avais lu qu'il utilisait entre autres les poètes contemporains à son époque comme Ovide, Virgile, Horace ou autre Tite-Live, attirés auprès de lui par Mécène (Quel grand homme ! I love you ), pour le faire accepter au sommet de Rome king . Pourtant, cette idée n'avait pas été approfondie dans l'article Crying or Very sad ...
Pourriez-vous me donner plus de détails à ce sujet?
Merci d'avance Mr.Red
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Deck
Rambo des bacs à sables...
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MessageSujet: Re: Propagande d'Auguste?   Ven 13 Nov 2009 - 0:45

Pour ce qui est de Virgile, il me semble me rappeler qu'une de ses oeuvres lui a été commandée par Auguste, mais mes souvenirs remontent à mes anciens cours de latin, et ca commence à dater maintenant..

Je vais vous dire ce que je me rapelle, mais c'est à confirmer!
Il me semble que l'Eneide était censée être une ode à Auguste, rendant à l'empereur ce qui lui appartient, et de dépeindre à travers l'oeuvre comment il fit la gloire de Rome.
Et il me semble enfin qu' Enée vient en fait en substitution à Auguste à la fin..

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Alexandre
Le Grand (1,85 m.)
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MessageSujet: Re: Propagande d'Auguste?   Ven 13 Nov 2009 - 0:47

En fait, Auguste, bien qu’adopté de façon posthume par son grand-oncle Jules, n’était qu’à la base qu’un modeste citoyen équestre (et non d’une vieille famille consulaire et patricienne).

Les œuvres littéraires du Principat d’Auguste n’ont donc de cesse de rappeler sa « grandeur » en restaurateur du mos majorum et de toutes les valeurs romaines traditionnelles. Bien sûr, en plus des écrits poétiques, il y avait ceux plus politiques, dont tout un panel de lois (lois contre le célibat ou la promotion de mère de famille nombreuses par exemple).

Par contre, quel est cet article de base ?
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Constantinople
Hilote de Sparte


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MessageSujet: Re: Propagande d'Auguste?   Ven 13 Nov 2009 - 2:44

Quelques remarques peripheriques :

Je crois me souvenir qu'Ovide fut banni de Rome pour un endroit qui ne l'enchanta que trés peu, vers la mer noire. Ses poésies vantant ouvertement la sensualité, l'érotisme, l'adultère et j'en passe ne cadraient pas trés bien avec la tentative d'auguste de renouveler la morale romaine, des patricien et du Pater Familias....Ce bannissement fera évoluer radicalement sa poesie mais pas suffisamment pour qu'il revienne dans les bonnes graces d Auguste.

Mécène fit beaucoup pour les arts en general, Mais le revers de la médaille est qu'en faisant dépendre les artistes directement du pouvoir impérial, on peut dire qu'il a surtout servi à la propagande assez conformiste d'Auguste et de sa morale, de son pouvoir. Comme le dit Deck, l'Eneide de Virgile en fait partie...

Je crois me rappeller aussi qu'en maniere de "communication" Mecene se montera un très precieux atout lors de sa guerre contre Antoine, en lançant une campagne assez géniale sur le thème des dieux romains affrontant les dieux égyptiens, et Antoine s'étant fait ensorceler par la sorcière orientale Cléopâtre...Campagne qui aura un grand effet auprès de Rome, alors que la popularité etait plutot du coté d'Antoine.
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Vort
Dominus et Deus
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MessageSujet: Re: Propagande d'Auguste?   Dim 19 Juin 2011 - 0:51

Je viens de voir le documentaire (plutôt réussi) sur arte, le destin de Rome qui m'a fait entrevoir une toute autre facette du personnage complexe qu'est Octave Auguste.

Effectivement il excellait en matière de propagande, c'était un orateur très doué. Ce n'était pas un grand chef de guerre mais il a su s'attibuer une partie des mérites de la bataille de Philippe (où l'armée du triumvirat Marc-Antoine/Octave/Lépide a vaincu celle de Brutus), et a surtout récolté les lauriers de la victoire contre le pirate Sextus Pompée en Sicile (alors qu'ils auraient du revenir à son officier Agrippa) et a celle d'Actium (où Antoine et Cléopâtre lui ont quand même échappé).

Au delà de la propagande, le documentaire m'a fait entrevoir Auguste comme un personnage beaucoup plus sombre que je ne me l'imaginai jusqu'à présent.
C'est notamment le côté cruel du personnage que j'ignorai.
Dans le documentaire on l'aperçoit en tran de contraindre un soldat à se suicider pour sauver la vie de son fils, juste après la bataille de Philippes.
Est-ce un épisode fictif ou est-il rapporté par un historien? D'après wikipédia, il aurait commis de nombreux "actes de cruautés personelle" durant la période qui a suive l'assassinat de César.

Qu'en est-il vraiment?

Beacoup retiennent d'Auguste l'empreur sage et vertueux mais on semble oublier la cruauté et le machiavélisme d'Octave. En attendant je vais me plonger dans la Vie d'Auguste de Suétone...
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Togirix
Haruspice de Tarquina
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MessageSujet: Re: Propagande d'Auguste?   Mer 13 Juil 2011 - 16:29

Chez les Romains, de toute façon, tout était propagande, montage et falsification. Tout cela pour servir des buts politiques.

A commencer par la fondation de Rome.

Même à titre personnel, les Romains avaient pour habitude de s'inventer des lignages afin de se rattacher à un supposé ancêtre glorieux quand ce n'était pas carrément un dieu ...

Citation :
la Vie d'Auguste de Suétone

C'est un beau récit mais ça n'en reste pas moins de la propagande ... Surprised

Les auteurs antiques aimaient bien flatter les grands dans le sens du poil afin d'en tirer quelques bénéfices. Rares sont les portraits critiques que l'on trouve sur les empereurs.

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Pédro
Edile de Cordoba
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MessageSujet: Re: Propagande d'Auguste?   Mer 13 Juil 2011 - 18:32

Citation :
Chez les Romains, de toute façon, tout était propagande, montage et falsification. Tout cela pour servir des buts politiques.

Il ne faudrait quand même pas exagérer... Au lieu de faire un gros paquet d'une tradition littéraire qui s'étale sur plusieurs siècles il convient d'en distinguer les styles (entre l'Histoire Auguste et les panégyrique il y a un univers), des personnalités (Suétone n'est pas Ammien Marcellin), des courants littéraires (la poésie épique n'a pas les mêmes intentions que l'Histoire)... J'ai l'impression de rappeler des fondamentaux quand même...

En tout cas j'aimerais bien que vous me disiez où est la falsification chez Ammien Marcellin...Pire, il est avéré depuis longtemps que des auteurs chrétiens comme Lactance ou Eusèbe de Césaré qui sont des apologistes (je ne reviens pas sur les but de telles oeuvres...) ont retranscrit fidèlement les documents officiels qui apparaissent dans leurs écrits...

Citation :
Les auteurs antiques aimaient bien flatter les grands dans le sens du poil afin d'en tirer quelques bénéfices. Rares sont les portraits critiques que l'on trouve sur les empereurs.

Voyez combien Ammien est sympa avec Constance II :

XXI, 16, (8 ) Je viens d'énumérer tout ce qu'on lui connut de bonnes qualités; passons maintenant les mauvaises en revue. Pour peu qu'il fût sur la voie d'une accusation d'aspirer au trône, si frivole ou même absurde qu'en fût le prétexte, il ne lâchait plus prise, et en suivait le fil sans fin ni terme, ne reculant devant aucun moyen, qu'il fût légitime ou non, d'arriver à son but. Et ce prince, qu'à tout autre égard on pourrait ranger parmi les modérés, surpassait alors en atrocité les Caligula, les Domitien, les Commode. La façon dont il se défit de ses parents, au début de son règne, annonçait un émule de ces monstres.
(9) Il aggravait la condition des accusés par la dureté des formes, la persistance envenimée des incriminations. La torture était appliquée sur la plus légère prévention avec des rigueurs inconnues avant lui, et sous l'oeil d'une surveillance impitoyable. La mort même, dans les exécutions, était rendue aussi lente que le permet la nature. Il fut, sous ce rapport, moins accessible à la pitié que Gallien lui-même;
(10) car ce dernier, qui eut constamment à défendre sa vie contre les conspirations trop réelles d'Auréole, de Posthume, d'Ingénu, de Valens (dit le Thessalonique) et de tant d'autres, se relâcha cependant plus d'une fois de la peine capitale envers les coupables. Sous Constance, au contraire, une menteuse confirmation fut souvent arrachée par l'excès des tortures.
(11) Il était dans ces occasions ennemi de toute justice, lui qui tenait si fort à paraître juste et clément. Comme ces étincelles qui s'échappent d'une forêt en temps de sécheresse, et vont inévitablement porter aux hameaux voisins l'embrasement et la mort, le fait le plus léger devenait entre ses mains le germe d'une proscription immense. Quel contraste avec ce Marc-Aurèle, qui en pareil cas fermait toujours les yeux! Cassius venait de proclamer en Syrie ses prétentions au trône; sa correspondance avec ses complices fut interceptée en Illyrie, où se trouvait alors l'empereur. Marc-Aurèle fit jeter le tout au feu, afin qu'ignorant ceux qui conspiraient, il ne fût pas tenté de les traiter en ennemis.
(12) On a dit avec raison que, pour Constance, mieux eût valu résigner le pouvoir que s'y maintenir au prix de tant de sang:
(13) "Le bonheur, dit Cicéron dans une lettre à Cornélius Népos, le bonheur, c'est le succès dans le bien; en d'autres termes, la fortune favorisant des vues honnêtes. Avec des vues mauvaises, on n'est pas heureux. Je n'appelle pas bonheur, chez César, la réussite d'idées impies et subversives. Entre Manlius et Camille, le beau rôle est pour l'exilé Camille, Manlius eût-il même obtenu ce qu'il désirait tant, le trône."
(14) La même pensée se retrouve chez Héraclite d'Éphèse: "Un caprice du sort, dit-il, donne l'avantage un moment au plus faible, au plus lâche, sur le coeur le plus héroïque. Mais, le pouvoir en main, savoir se maîtriser soi- même, dominer son ressentiment, sa haine, et jusqu'aux mouvements subits de sa colère, voilà la vraie gloire, le plus noble des succès."
(15) Autant il fut malheureux et humble dans les guerres étrangères, autant le vit-on, dans l'orgueil de ses succès contre les révoltes intérieures, porter sur ces plaies de l'État une main impitoyable. C'est ainsi qu'il osa, par un flagrant outrage à la coutume et au bon sens, consacrer par des arcs de triomphe, dans la Gaule et la Pannonie, la sanglante réduction de provinces romaines, y graver sur la pierre de tels exploits..., et, tant que dureront ces monuments, transmettre à la postérité la commémoration d'un désastre national.
(16) On sait quel ascendant prenaient sur son esprit les sons flûtés de la voix des femmes et des eunuques, et quel faible il montrait pour quiconque savait le flatter, et s'astreindre à dire oui ou non comme lui.
(17) Il faut compter comme surcroît aux maux de ce règne l'insatiable rapacité des agents du fisc, qui accumulait plus de haine sur la tête du prince que d'argent dans les coffres de l'État. Encore, s'il eût quelquefois prêté l'oreille aux doléances des provinces épuisées!, mais jamais leurs cris de détresse n'obtinrent le moindre allégement au poids et à la multiplicité de leurs charges, ou n'arrachèrent que de vaines et éphémères concessions.
(18) La simple unité du christianisme était chez lui dénaturée par un mélange de superstitions de vieille femme. Il intervint dans les discussions de dogme, plutôt pour raffiner sur les questions que pour concilier les esprits, et multiplia conséquemment les dissidences. Lui-même il prit une part active aux verbeuses subtilités de la controverse. Ce n'étaient sur les routes que nuées de prêtres, allant disputer dans ce qu'ils appellent leurs synodes, pour faire triompher telle ou telle interprétation. Et ces allées et venues continuelles finirent par épuiser le service des transports publics.
(19) Deux mots sur son extérieur. Il était brun de peau, avait le regard élevé, le coup d'oeil perçant, la chevelure fine. Il se rasait avec soin tout le visage, pour faire ressortir son teint. Il était plus long de buste que du reste du corps. Ses jambes étaient courtes et arquées, ce qui donne un grand avantage pour le saut et pour la course.
(20) Quand on eut embaumé et déposé le corps dans un cercueil, Jovien, alors protecteur, eut ordre de le conduire en grande pompe à Constantinople, lieu de sépulture de sa famille. Assis sur le char même qui portait les restes de son maître, cet officier se vit, durant la route, offrir, suivant le cérémonial usité envers les princes, les échantillons des subsistances militaires, et faire hommage de combats de bêtes, au milieu du concours ordinaire des populations. C'étaient comme autant de présages de sa grandeur future; grandeur illusoire et éphémère, comme les honneurs rendus au conducteur d'une pompe funèbre.

Néron et Caligula sont massacrés par la critique enflammée alors que la plupart des sénateurs leur avaient copieusement léché le fondement. Que dire de Claude qui passe pour un sombre abruti alors qu'il était bien plus éminent qu'il n'y parait. Et la liste est bien longue...
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Vort
Dominus et Deus
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MessageSujet: Re: Propagande d'Auguste?   Sam 16 Juil 2011 - 15:45

Togirix a écrit:
Les auteurs antiques aimaient bien flatter les grands dans le sens du poil afin d'en tirer quelques bénéfices. Rares sont les portraits critiques que l'on trouve sur les empereurs.

J'ai moi aussi pensé aux vies de Néron et Caligula, jette un oeil dessus et tu verras que Suétone est bien moins complaisant que tu ne le pense.
Je trouve que la majorité des textes des historiens et biographes qui nous soient parvenus sont objectifs et lucides. Certes Suétone est étonemment indulgent avec Octave comme Hérodote l'était avec Cyrus, mais les deux restent objectifs dans leurs partis pris.

Restons sur Octave pour le moment.
Dans sa propagande Octave s'approprie le mérite de diverses batailles, alors que Suétone écrit ceci:

Citation :
Uni avec Antoine et Lépide, il termina aussi en deux batailles la guerre de Macédoine, quoiqu'il fût alors faible et malade. Dans la première, il fut chassé de son camp, et put à peine se réfugier vers Antoine;

Loin de faire l'apologie d'Octave, Suétone va à l'encontre de ce qu'essayait de faire croire la propagande de l'empereur.
Suétone ne se limite pas à ça et, si il le présente comme un empereur vertueux, mesuré, sage, etc... il rapporte pourtant certaines anecdotes qui ne sont pas à son avantage (dont celle rapportée dans le documentaire dont je parlais plus haut).

Citation :
(...) il n'usa pas avec modération de la victoire. Il envoya à Rome la tête de Brutus pour qu'elle fût mise aux pieds de la statue de César. Il mêla l'outrage aux supplices qu'il
prononça contre les plus illustres captifs. On dit même que l'un d'eux lui demandant avec instance la sépulture, il lui répondit que les vautours en prendraient soin. D'autres rapportent qu'un père et un fils le suppliant de leur accorder la vie, il ordonna qu'ils tirassent au sort ou qu'ils combattissent ensemble, promettant la grâce au vainqueur, et il vit le père se suicider sous l'épée de son fils, et le fils se donner volontairement la mort par la suite

Bref je suis d'accord pour dire qu'on a une image d'Octave plus positive qu'il ne le mérite, mais il faut reconnaître à Suétone une objectivité non négligeable.
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