
Il y a quelques semaines, au cours d'un voyage à Paris, j'ai pû voir Centurion, film dont la diffusion a été interdite dans toute la France. Il n'est diffusé que dans quelques cinémas à Paris (pourquoi, ça je l'ignore).
L'histoire se déroule en 117 après J-C, au Nord de l'Angleterre, et commence comme un péplum traditionnel: une armée romaine, sous la direction du général Virilus, est envoyée pour conquérir les Pictes. Au passage, cette armée recueille Quintus Dias, centurion romain, évadé de chez les Pictes qui l'avaient fait prisonnier. Puis l'armée est détruite au cours d'une embuscade par les Pictes, et les quelques survivants, guidés par Quintus Dias, vont tenter de rejoindre les lignes romaines. Ils sont bien évidemment poursuivis par ces Pictes assoifés de sang, guidés par une femme, Etain, particulièrement sauvage.
Personellement, j'ai beaucoup aimé ce film, j'ai trouvé l'idée de croiser les genres péplum et thriller originale. C'est un véritable scandale qu'il n'ait pas été diffusé dans toute la France!
Il est réalisé par Neil Marshall, réalisateur que je ne connaissait pas jusqu'alors.
La première chose qui saute aux yeux est la violence du film: que de têtes qui volent, que de mutilations, que de giclées de sang! Centurion est le péplum le plus violent jamais réalisé, comformément à la brutalité de l'époque. Les combats sont bien menés et bien filmés, mais sont aussi de véritables boucheries.
Le suspens est très présent jusqu'au bout, le rythme est très rapide et ne faiblit pas, et les rebondissements sont astucieux.
La photographie est magnifique, elle rapelle celle utilisée pour la séquence d'ouverture de Gladiator:

L'ambiance est d'ailleurs assez sombre, grâce aux Pictes, barbares, sauvages, cruels, sanguinaires.
Le personnage d'Etain, pourtant jouée par Olga Kurylenko, la James Bond girl de Quantum of Solace, n'adoucit pas du tout cette ambiance, bien au contraire: lorsqu'elle était enfant, son village a été envahi par les romains, son père a eu les yeux brûlés, sa mère a été violée, puis elle a été violée, avant que les Romains ne lui coupent la langue; cette sinistre histoire explique aussi pourquoi elle est si acharnée à massacrer les Romains.

C'est aussi une manière de dénoncer la cruauté humaine; car, au-delà de son aspect divertissant, Centurion est quelque peu moraliste, surtout vers la fin, que j'ai beaucoup appréciée. Pour une fois, il n'y a pas de méchants et de gentils bien définis, seulement un groupe d'hommes cherchant à échapper à la "bête humaine", composée des Pictes qui pourchassent ces hommes, des armées romaines, mais aussi présente à l'intérieur de ce petit groupe.
Malgré des allures un peu bourrin, Centurion fait aussi réfléchir...
Quintus Dias, le centurion qui guide le groupe de rescapés, est un héros assez "classique", mais un personnage attachant, le plus moral du film.
Quintus Dias et l'un des rescapésDe même que Virilus, personnage quand même gâché par la première séquence où il apparaît, la seule qui soit vraiment inutile au film.
Côté réalisme historique, c'est assez conforme à l'époque. Le peu qui est connu des Pictes a été utilisé pour recréer ce peuple, selon le réalisateur. Il n'y a rien d'improbable dans cette course-poursuite.
Bref, je vous conseille fortement ce film, il doit encore être diffusé dans quelques salles à Paris. Si vous passez par là, h'ésitez pas...