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 Idées reçues sur la gladiature

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Achillia
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Date d'inscription : 06/08/2010

MessageSujet: Idées reçues sur la gladiature   Sam 7 Aoû 2010 - 22:54

Je me permet ici de faire un copié-collé d'une rubrique de notre site, recensant les idées fausses les plus répandues sur la gladiature et rétablissant certaines vérités

J'espère que cela vous intéressera, et si certains ont d'autres question, d'une part cela me fera plaisir ( d'essayer ) d'y répondre, d'autre part cela m'inspirera pour étoffer le site

LE SYMBOLE DU POUCE

Cette image est ancrée
dans tous les esprits, c'est d'ailleurs la seule chose que les gens
associent spontanément au terme "gladiature". Véhiculée par le tableau
du peintre Gérôme ( "Police verso" ), ce geste du pouce est devenu une
véritable légende ! En fait, il est inventé de toutes pièces. Pour étayer cette thèse, il
suffit de s'imaginer un amphithéâtre de plusieurs dizaines de personnes
: croyez-vous vraiment qu'un pouce baissé ou levé se voie parmi toute
cette masse, sur des centaines de hauteurs de gradins ? De plus,
éthymologiquement, ce n'est pas le terme " police verso " ( pouce retourné ) qui est utilisé dans les textes anciens ( très rares sur le sujet ), mais " verso police
" ( tourner le pouce ). Ainsi, on peut penser que le geste universel -
et toujours d'actualité de nos jours - pour mimer la mort serait de se
passer le pouce sur la gorge.. Le tout accompagné des cris de la foule
dont témoignent les auteurs anciens ( Jugula !! " Egorge-le ! " ).
Dans le cas du choix de la vie, plusieurs textes nous mentionnent que les gens venaient avec
des tissus blancs voir les Jeux, et les gardaient précieusement avec eux
dans les gradins : il serait plausible que le fait d'agiter ces tissus
clairs signifie qu'on désire la vie du perdant, c'est un symbole fort
visible qui se repérerait bien dans l'énormité d'un amphithéâtre tel que
le Colisée.
Une autre thèse, émanant d'un bas-relief de Rome, est intriguant :
On y voit deux eques ayant fini leur combat, le vaincu est à terre et le vainqueur s'apprête à
le frapper de son glaive en regardant une main devant lui, sur le côté
gauche du bas-relief. On ignore à qui appartient cette main, le morceau
ayant été perdu, mais toujours est-il qu'il s'agit d'une autorité
puisque le gladiateur semble se concentrer sur elle, et que cette
personne se tient aux côtés des combattants dans l'arène. Ce ne peut
être que l'arbitre, qui transmet gestuellement la décision qu'à lui-même
mimé l'editor. ( Arbitre et editor correspondaient en effet par gestes,
sans doute à cause du brouhaha de la foule en délire qui les empêchait
de s'entendre. ) Ce geste, trois doigts tendus vers l'avant,
signifierait-il donc la mort ? On ne peut que le supposer, mais c'est
plus que plausible.
La symbolique du pouce pourrait également jouer également un rôle primordial : ainsi, le pouce
rentré dans le poing signifierait l'épée rangée au fourreau ( = la vie. )
A l'inverse, le pouce passé sur la jugulaire représente la mort. A tout ceci
s'ajoutaient les cris de la foule, "Missi !" ( épargnez le ! ) ou
"Jugula !" ( égorgez le ! )... Bref, toujours est-il qu'aucun historien
n'est d'accord sur ce geste en question à ce jour.

LES GLADIATEURS, TOUS DES CRIMINELS !!


Loin de là... Certains criminels étaient en effet condamnés à être exécutés
en public, mais cela n'en faisait pas des gladiateurs. Ils se tuaient
entre eux ou se faisaient tuer par un vrai combattant, mais ne
ressortaient de toute façon pas vivants de l'arène. Les gladiateurs
pouvaient être des prisonniers de guerre, des esclaves revendus par leur
maître à un laniste, ou achetés sur le marché, ou même, et surtout !! (
à partir du 1er siècle de notre ère ) des hommes et des femmes libres,
ce qu'on appelait des auctorati, désireux de connaître la
renommée ou de se défaire de dettes de jeux. Par la suite, à l'essor de
la gladiature, de plus en plus de nobles patricien(ne)s s'engagèrent
volontairement dans les ludus, à tel point que l'empereur Septime Sévère
a dû le leur interdire, de peur de voir toute la noblesse romaine finir
dans le sable du Colisée.

LA MISE A MORT SYSTEMATIQUE :


Imaginez : un gladiateur coûte à l'achat ( sauf si c'est un auctorati ). Le
laniste doit ensuite l'entretenir quotidiennement, le loger, l'équiper,
le nourrir et lui verser un salaire. Lorsqu'un editor, quel qu'il soit,
décide d'organiser des jeux, il doit payer le laniste, pour avoir de
bons combattants aimés du public. Si un gladiateur meurt, que ce soit
des suites d'une blessure ou par la volonté de la foule, il devra
dédommager le laniste pour la perte de son combattant. Suivant la
renommée, l'ancienneté et la valeur du gladiateur, les sommes peuvent
atteindre des montants exorbitants, l'équivalent antique de nos joueurs
de football actuels.
C'est pourquoi, dans la grande majorité des cas, les combats s'arrêtaient "ad
digitum", c'est à dire dès qu'un gladiateur levait le doigt car il
avait été touché... A moins bien sûr qu'un combat à mort ait été prévu par le laniste et
l'editor. Dans ce cas le laniste n'hésitera pas à sacrifier ses recrues
les moins précieuses.

ILS ETAIENT TOUS AMIS ENTRE EUX


Certes, il y eut des amitiés dans les ludus romains. Mais dans la mesure du
possible, le laniste cherchait à les éviter, dans un but évident : quel
homme tuerait son ami pour le plaisir de parfaits inconnus ? Or tout
gladiateur se devait d'être fier et digne face à la mort, insensible et
obéissant au moment de frapper ou de tuer son adversaire.
C'est pourquoi, dans un munus, on évitait de faire s'affronter deux gladiateurs d'une même école.. Et si un combat à mort avait été prévu entre deux gladiateurs qui se
connaissaient, le perdant, contrairement à l'usage qui veut qu'il se
découvre le visage, conservait son casque, afin que le vainqueur n'ait
pas d'états d'âme au moment de la mise à mort.

AVE CAESAR, MORITURI TE SALUTANT :


Cette phrase a la dent dure ! Si elle a bien été prononcée ( sous le règne de
Claude ), elle constitue un fait unique et non une tradition.
L'anecdote est d'ailleurs assez comique, et a mis l'empereur dans une
position plus que délicate.En effet, Claude avait organisé une naumachie ( combat naval dans
l'amphithéâtre innondé ) où plusieurs esclaves devaient se battre,
jusqu'à la mort. Les esclaves sont spontanément venus sous l'estrade de
Claude au début du munus, et ont proclamé ce célèbre " Ave Caesar,
Morituri te salutant". Ce à quoi Claude, féru des bonnes répliques, a
rétorqué " ceux qui vont mourir... ou pas !", pensant donner sa grâce
aux meilleurs. Mais les esclaves crurent à une grâce collective, ils
lâchèrent leurs armes et exprimèrent leur joie, tandis que le public,
lui, hurlait sa colère et sa frustration. Claude dut raisonner les esclaves pour que le spectacle ait lieu malgré tout, mais ce fut un fiasco total, ces derniers n'ayant plus le coeur à
combattre après cette fausse joie, et Claude subit une de ses pires
humiliations publiques ce jour là.
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